QR Code de l`association ASABEPILe PHYTOLAQUE ENVAHIT nos FORÊTS, à FONTAINEBLEAU notamment.Association des Arracheurs Bénévoles de Plantes Invasives

Prenons un peu de temps pour son ÉRADICATION !
 

QUESTIONS FRÉQUENTES :
Question 1 : Cette invasion est-elle visible du promeneur ?
Réponse : Une parcelle de la forêt sur cinq est plus ou moins atteinte actuellement (2010), et cependant on ne se promène pas forcément près d'une zone visible ; dans quelques parcelles, on peut voir hélas des zones denses de Phytolaques (voir actuellement la moitié ouest de la parcelle 752, à l'Est du village de Macherin, par exemple).

Question 2 : Quand et comment le Phytolaque est-t-il arrivé à Fontainebleau ?
Réponse : Il a été introduit au Portugal et en Aquitaine vers le début du XVIIème siècle pour utiliser le jus de ses fruits – pourtant laxatif - à divers usages alimentaires et autres. Depuis, il a atteint la Turquie et on le trouve probablement jusqu'à environ 500 m d'altitude. Il a atteint Fontainebleau vers 1980. Ses graines étant véhiculées par un petit nombre d'espèces d'oiseaux migrateurs, donc vers le sud, il n'est pas certain qu'il ait progressé de loin en loin… vers le nord jusqu'à l'Ile-de-France. Il est présent en forêt d'Orléans et à Nemours, mais nous ignorons s'il a une répartition continue entre ces deux points. Il est plausible, l'une des hypothèses ne ruinant pas l'autre, qu'il soit parti de jardins, où des particuliers et des parcs en hébergent, volontairement ou non, puisque des horticulteurs (pas les grands distributeurs) en proposent encore. Nous espérons une prochaine interdiction de sa commercialisation.
 

Question 3 : N'est-il pas trop tard pour l'éradiquer ?
Réponse. La bonne question est plutôt "Y a-t-il suffisamment de bénévoles (ou autres) pour en venir à bout ?" Là, c'est clair : NON. IL MANQUE PLUSIEURS CENTAINES DE PERSONNES DÉCIDÉES, ACTIVES ET CORRECTEMENT EQUIPÉES. Ceux qui s'en sont donné les moyens ont déjà nettoyé des parcelles lourdement envahies. Pourquoi serait-ce impossible sur les autres ?
 
Reste ensuite à faire le suivi, sur plusieurs années ; parfois, il ne germe que très peu de graines après le piochage, mais ce sont souvent des tapis de plantules qui apparaissent, impliquant un arrachage facile mais long. Il y a donc du travail pour tous, costauds ou non. Les coupes de bois, normales ou imposées par le mauvais état sanitaire (dû au climat) d'essences telles que le Chêne pédonculé et le Hêtre, ou d'éventuelles tempêtes, favorisent l'émergence d'innombrables plantules.
 
IL NOUS FAUT DONC ETRE NOMBREUX POUR RÉUSSIR… sinon, il est effectivement trop tard, et nous devrons renoncer.



Question 4 : Pourquoi s'attaquer au Phytolaque et pas à la Fougère Aigle (commune) ?
Réponse :  Pour cette Fougère, il est malheureusement trop tard. Elle est impossible à arracher efficacement, car elle se propage en profondeur et ressort. Heureusement qu'elle se multiplie végétativement et quasiment jamais par voie sexuée, donc par fructification (contrairement aux autres fougères, lesquelles ne sont pourtant pas invasives). En outre, la grande faune peut s'y cacher, et elle tolère la présence de champignons. Elle n'asphyxie pas le sol, et on peut procéder à des plantations parmi les fougères. De toute manière, la présence de la Fougère Aigle n'est pas une raison pour laisser proliférer une espèce supplémentaire, encore plus destructrice.
 

Les grosses populations de Phytolaques transforment les sous-bois et les clairières en champs de ruines, en désert vert ; cela suffit pour qu'on veuille s'en débarrasser.
 

Question 5 : Y a-t-il d'autres espèces invasives en forêt de Fontainebleau ?
Réponse : La plus dangereuse est le Cerisier tardif, à petits fruits en grappe, reconnaissable à ses feuilles 4 à 5 fois plus longues que larges et nettement luisantes. Il atteint une quinzaine de mètres de hauteur et crée des fourrés denses éliminant toute concurrence. La forêt de Compiègne en présente un triste exemple. On le rencontre souvent en compagnie du Phytolaque, en nombre très variable. Mieux vaut en profiter pour l'arracher, très aisément pour les plantules, et à la pioche pour les sujets jusqu'à 2 m de haut. Si on le coupe, il produit de nombreux nouveaux "troncs".

L'Ailante, ou faux Vernis du Japon, dont les feuilles "en plumes" à odeur fétide ont un aspect vaguement exotique, monte encore plus haut. Si on le coupe, il produit de nombreux rejets sur ses racines traçantes, mais on pourra ensuite les éliminer plus facilement, et il ne produira donc pas de fruits. Les jeunes sujets s'arrachent. Il est surtout présent le long de quelques routes et pénètre peu en sous-bois (sauf à la fontaine Sanguinède dans la réserve de la Solle).

Le (faux) Acacia, de son vrai nom le Robinier (les vrais Acacias sont les Mimosas), offre son pollen aux abeilles et l'on peut, si elles sont accessibles, faire des beignets avec ses fleurs (obligatoirement blanches). Il tend lui aussi à supplanter les autres essences et devrait être contenu, mais il rejette énormément si on le coupe. Seuls les jeunes sujets s'éliminent bien (gare aux épines !)
 
Question 6 : En quoi consiste le parrainage et le coparrainage de parcelles ?
Réponse : C'est une formule très souple, qui responsabilise les "marraines" et "parrains", pour autant que les aléas de l'existence ne contrarient pas leurs ardeurs. Nous avons dressé une carte de l'invasion, principalement dans les forêts domaniales. Celle-ci sont divisées en parcelles numérotées sur les cartes IGN au 1/25 000.
 
Vous trouverez une liste détaillée des parcelles atteintes (cliquez ici). Si vous souhaitez participer à l'éradication, vous pourrez choisir une parcelle sur laquelle votre objectif minimal sera le fauchage de tous les Phytolaques. Vous irez quand vous le voudrez, sans contraintes de dates ni d'horaires. Pour les parcelles les plus infestées, nous souhaitons un co-parrainage afin que l'éradication ne prenne pas trop longtemps. Dans ce cas, nous vous mettons en relation avec les autres marraines/parrains de la parcelle ; vous pouvez vous concerter pour nettoyer tel ou tel secteur, ensemble ou individuellement. Prévoyez 5 à 10 journées entières par an (suivant votre nombre).
Un parrain peut être une personne seule, un couple, un groupe d'amis, une association…

 
Si vous souhaitez parrainer, il convient de nous le faire savoir. Vous choisissez vous-même ou vous nous demandez notre avis. Ensuite, même si vous n'avez rien pu faire, nous avons besoin, tous les 2 mois, de savoir où vous en êtes afin de faire un bilan global de notre action. Un simple courriel suffit.
 
Notons que les forêts autour de Nemours attendent elles aussi des parrains, de même que des bois privés ou communaux, des parcs, l'hippodrome du Grand Parquet, le château de Bourron-Marlotte…
 
Bien entendu, il est possible d'intervenir sans parrainer une parcelle, mais en allant arracher ici ou là. De préférence, avertissez-nous avant ou après.
 
Question 7 : Des chantiers collectifs sont-ils fréquents ?
Réponse : Ils sont assez fréquents. Ils complètent notre principal mode d'action, le parrainage. Voyez la page des rendez-vous chantiers. Parfois, l'un de nous réclame de l'aide pour le nettoyage de sa parcelle, et nous faisons circuler son message. Enfin, à n'importe quelle date, y compris en semaine, sur votre demande, nous vous trouverons une occasion d'aller aider un parrain.


Question 8 : Quand faut-il éliminer le Phytolaque ?
Réponse : Toute l'année. De novembre à mai, les plus gros sujets restent repérables sous la forme de cannes grises-blanches. Les températures sont moins élevées, c'est un avantage ; le sol, même gelé en surface, reste a priori facile à piocher en plein hiver. En revanche, la majorité (parfois la quasi-totalité) des sujets moins gros disparaissent, ce qui est particulièrement trompeur si on ne connaît pas l'état estival d'une parcelle. Suivant la température, les plantes commencent à ressortir à partir de mi-avril ou début mai, avec des retardataires en juin et parfois même jusqu'en octobre !
 
Question 9 : Comment arracher le Phytolaque ?
Réponse : Tout d'abord en s'équipant convenablement : une paire de gants de jardin et une pioche "de cantonnier" (à lame large). Il faut privilégier un outil relativement lourd pour les grandes plantes. Certains utilisent d'autres outils (serfouette, houe, bêche bien affûtée) par commodité personnelle, mais au détriment du "rendement". 
 

Généralement, un seul coup de pioche, grâce à la largeur de la lame, suffit pour sectionner la racine pivot sous le collet. On laisse la racine en terre, où elle pourrira très vite. D'une main, on soulève le collet (racine pivot) pour extraire ou casser les éventuelles racines horizontales courant juste sous la surface du sol (qui apportent l'eau et les nutriments). Les plus longues atteignent 2 mètres ! On les sort en entier ou non, peu importe, les morceaux laissés en terre disparaîtrons sans produire de rejets. Cette manœuvre s'effectue en quelques secondes. L'essentiel est qu'aucune racine, aussi ténue soit-elle, n'alimente le collet.
 
Pour les très petites (plantules), un sarcloir à manche court, souvent vendu en deux éléments, permet de travailler plus ou moins à genoux, donc en ménageant le dos. Les plantules peuvent parfois s'arracher sans outil, mais elles se cassent fréquemment. Mieux vaut se servir du sarcloir. Les plus minuscules forment des tapis, et un coup de sarcloir en arrache des dizaines. Veiller à les rejeter derrière soi pour qu'elles sèchent plus vite. Il semble que très peu survivent même si elles sont mélangées à du sol remué.

Un conseil : en hiver, évitez de déplacer et de casser les gros morceaux de bois mort : de précieux coléoptères y ont peut-être trouvé un abri.
 
Question 10 : Que faire des plantes arrachées ?
Réponse : L'ONF n'a pas les moyens de les recueillir pour les incinérer. Leur volume est tel qu'il est impensable de les emporter chez vous. D'ailleurs, l'incinération à domicile est souvent interdite par un arrêté municipal. S'il n'y a pas de fruits, il suffit de les laisser étalées sur le sol ; elles sèchent très vite, et même les collets (à la base des tiges) les plus gros disparaissent en quelques mois. Il vaudrait mieux couper les collets pour les isoler. Si elles portent des fruits, il vaut mieux former des tas pour limiter la surface recevant de nouvelles graines. S'il y a des souches d'arbres à quelques mètres, mettre ces tas sur les souches, ainsi ils ne seront pas en contact avec le sol.
 

Par précaution, ne déposez pas de plantes à moins de 2 mètres d'un chemin pour éviter qu'un chien ou un cheval ne s'en saisisse.
 

Question 11 : Que faire lorsque les fruits sont mûrs ?
Réponse : Certains entreprennent des "vendanges" et emportent les fruits dans de grands sacs pour les faire incinérer avec les ordures ménagères. Prévoyez à tout hasard un sécateur et un sac épais. Outre le fait qu'il faut être certain que cette incinération aura lieu, il s'agit d'un travail fastidieux et frustrant, et mieux vaut consacrer son temps à l'arrachage ou au fauchage ; il suffit alors d'entasser les tiges pour limiter la surface recevant de nouvelles graines.

La "vendange" n'est envisageable que si vous rencontrez seulement quelques plantes au cours d'une randonnée.
 

Question 12 : Comment et quand pratiquer la bastonnade et le fauchage ?
Réponse : De fin avril à fin octobre.

Jusqu'à mi-août, vous pouvez couper au ras du sol. Un outil coupant (machette) est préférable. Nous recommandons le croissant à long manche. Frappez en biais. Si vous utilisez un bâton, donnez un coup sec pour que la tige soit réellement sectionnée, et non écrasée, faute de quoi elle survivra, même si elle ne tient que par un lambeau de "peau". Sachez que des bourgeons dormants s'activeront immédiatement et développeront de nouvelles tiges.
 
Dès la mi-août, pour ne pas contrarier l'action de marraines et parrains, il faut veiller à couper les tiges à 40-50 cm au-dessus du sol. Sinon, elles seront trop difficiles à retrouver en hiver pour l'arrachage.
 

Dans tous les cas, il ne s'agit que d'une technique d'appoint, l'arrachage est préférable.



Question 13 : Les Phytolaques sont-ils vraiment toxiques, quelles précautions faut-il prendre ?
Réponse :  La plante est toxique à ingérer, voire mortelle, pour tous les mammifères (sauf les cerfs). Les espèces végétales toxiques sont très nombreuses, mais rarement invasives, et nous devons bien entendu vivre avec en apprenant à les identifier. En dehors des jeunes feuilles, consommées par les cerfs et les amateurs de cellulose (après 3 cuissons) et du jus des fruits (purgatif !), tous les organes sont toxiques. Lors de chantiers d'arrachage, les gants suffisent. S'il fait chaud, n'hésitez pas à porter un short et à garder les bras nus. Prévoyez un peu d'eau pour vous laver les yeux en cas de contact.


Question 14 : Faut-il supprimer les phytolaques dans mon jardin ?
Réponse : Il faut au moins absolument supprimer leurs fruits bien avant leur maturité chaque année (début juillet), car les fruits contiennent les graines, ces fruits seront mangés par les oiseaux qui lâcheront des fientes assez loin à l'entour. Mais comme cette surveillance risque de ne pas être faite chaque année, il vaut encore mieux éviter ces plantes, les arracher et les remplacer par une autre espèce décorative.
 
Question 15 : Combien de temps durera l'éradication ?
Réponse. Peut-être aussi longtemps qu'il y aura des graines viables dans le sol… donc 50 ans. Plus sérieusement, notre nombre en décidera. Une moyenne de 3 parrains par parcelle, soit 500 à 600 personnes, devrait suffire pour arracher en une année toutes les plantes susceptibles de fructifier.

Ensuite, il faut espérer que la banque de graines s'épuisera en produisant de moins en moins de plantules d'une année à l'autre. Nous manquons d'expérience sur ce dernier point.

Les coupes de bois réveillent les banques de graines, des plantules émergeant alors par dizaines de milliers, souvent au milieu des rémanents (branchages laisés au sol pour se décomposer et restituer des nutriments au sol).

Si les bras font défaut (de plus, la majorité des bénévoles sont sexa- et septuagénaires), il faut envisager l'échec de l'éradication.
 
Question 16. Que fait ou peut faire l'ONF ?
Réponse. L'ONF, comme tous les "services publics", ne peut tout faire. L'Office n'est pas le propriétaire (c'est l'Etat), mais le gestionnaire des forêts publiques, auquel un ou plusieurs ministères imposent des modes de gestion ; les hauts dirigeants de l'ONF peuvent être incriminés eux aussi, mais ils sont évidemment soumis à des directives. Ce n'est pas l'ONF qui peut directement nous autoriser à arracher le Phytolaque dans les réserves intégrales.

Tout ce qu'entreprend l'ONF, notamment ses nombreuses actions très positives dans les réserves biologiques, nécessite des financements extérieurs, de plus en plus difficiles à obtenir. L'argent manque à tel point que beaucoup de maisons forestières vont être vendues. Un lourd malaise affecte les "agents patrimoniaux" (ex-gardes forestiers), cause de nombreux suicides depuis 2009. Compte-tenu des projets de privatisation de la gestion des forêts, on peut s'interroger sur l'évolution de l'ONF.

L'Office nous aide notamment par sa bienveillance, et par la possibilité d'afficher sur ses panneaux. En 2009, il a payé 5 journées de travail. Fin 2010, l'ONF a réalisé la carte de l'invasion que vous trouvez sur le site, ainsi qu'une fiche technique officielle sur le Phytolaque. Au niveau national, seules deux forêts bénéficient de la sollicitude de l'ONF pour l'élimination du Phytolaque.
 

Question 17. Peut-on éliminer le Phytolaque avec des produits chimiques ?
Réponse. Oui, l'agent orange, le napalm et un célèbre désherbant d'une sinistre multinationale états-unienne sont très efficaces (aux USA, les agriculteurs utilisent ce dernier contre le Phytolaque). Plus sérieusement, nous ne sommes plus dans les années 50-60 et nous avons l'ambition de préserver nos ressources en eau (si les projets d'exploitation du gaz et de l'huile de schiste sont abandonnés). Il faudrait disposer du produit-miracle rapidement biodégradable, qui ne s'attaquerait qu'au Phytolaque sans aucune conséquence fâcheuse sur l'eau, la faune et flore. Rêvons… Même dans ce cas improbable, il y aurait de telles surfaces à traiter que le coût en serait prohibitif compte-tenu du manque de moyens financiers. Il va de soi que seul l'ONF serait habilité à intervenir. La réponse à la question précédente laisse bien peu d'espoir.


Parcelle 752 de la forêt de Fontainebleau en 2010




FIN

 



 
 
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